UN QUATUOR D'EXCEPTION

Frédéric Chopin
1810-1849

(ici en 1826)

Né le 1er mars 1810, du lorrain Nicolas Chopin, qui émigra à 16 ans en Pologne, et de Justyna Krzyzanowska, originaire de la petite noblesse de Dlugïe.

 

Ses parents le confient à 6 ans à un professeur tchèque formé probablement par un élève de Bach, qui laisse une grande liberté à son élève, ce qui a fait dire de Chopin qu’il a été pratiquement autodidacte.

 

A 16 ans il quitte le lycée pour le conservatoire de Varsovie; il y apprend la rigueur de la composition et écrit sa sonate en ut mineur, les polonaises en mi mineur et en si bémol majeur et la fameuse variation sur le thème du laci darem la mano qui fit dire à Schumann « chapeau bas, messieurs, un génie ! ».

Dès 1829, il donne ses premiers concerts, connait un grand succès mais décide de quitter Varsovie pour entreprendre une carrière internationale. Après quelques mois à Vienne, il arrive à Paris en septembre 1831 où il retrouve nombre d’émigrés polonais ayant fui la répression russe. Ses premiers concerts sont un triomphe, il devient un professeur de piano réputé, fait la connaissance de Liszt, Delacroix, Berlioz et bientôt George Sand, en 1837, avec laquelle il aura une liaison de dix ans. Il passera ses étés avec elle à Nohant, où il composa une grande partie de son oeuvre. La tournée qu’il entreprend en Angleterre, après un dernier concert chez Pleyel le 16 février 1848, lui sera fatale. Il meurt le 16 octobre 1849, place Vendôme.

 

De son arrivée à Paris jusqu’à sa disparition, la fidélité de Chopin à la manufacture Pleyel est restée constante : « Les pianos Pleyel sont non plus ultra » écrivit-il. En 1834, on peut lire dans un article du périodique spécialisé Le Pianiste : « vous donnerez donc un piano d’Érard à Liszt […]; mais vous donnerez un piano de Pleyel à Chopin; il faut un piano de Pleyel pour caresser une mazourk de Chopin, […] il faut un piano d’Érard pour le grand concert. ». On prête cette déclaration à Chopin : « Quand je suis mal disposé […], je joue sur un piano d’Érard et j’y trouve facilement un son tout fait; mais quand je me sens en verve et assez fort pour jouer mon propre sonà moi, il me faut un piano de Pleyel. »

Camille Pleyel
1788-1855

C’est sans doute en bonne part le mécanisme de l’échappement simple à l’anglaise, auquel Camille Pleyel resta constamment fidèle, qui explique cette appréciation. Liszt dira: « Chopin affectionnait les pianos Pleyel particulièrement à cause de leur sonorité argentine un peu voilée et de leur facile toucher qui lui permettaient d’en tirer des sons qu’on eût cru appartenir à un de ces harmonicas dont la romanesque Allemagne conservait le monopole et que ses anciens maîtres construisaient très ingénieusement en mariant le cristal et l’eau. »

Franz Lisz1
1810-1886
(ici en 1828)

Né à Doborján (Hongrie, actuellement Raiding en Autriche) le 22 octobre 1811, fils d’un intendant du prince Esterházy, Adam Liszt, qui lui donne ses premières leçons de piano. A 10 ans, il part avec son père pour Vienne, où il suit les cours de K. Czerny pour le piano et A. Salieri pour la composition. En 1823, sa famille s’installe à Paris et, après le refus de Cherubini de l’inscrire au Conservatoire, suit les cours de F. Pär et A. Reicha. Il commence à publier des Etudes pour piano, fait des tournées de concerts en France, en Angleterre et en Suisse et vit de leçons de musique. En 1831 il fait la connaissance de Berlioz et Paganini et l’année suivante de Chopin, et fréquente Lamartine, Hugo, Heine et Berlioz. En 1834 il fait connaissance de

George Sand et se lie avec Marie d’Ajout avec laquelle il s’installe à Genève puis en Italie où naît leur seconde fille, Cosima, qui épousera R. Wagner. après avoir obtenu le titre de maître de chapelle à la cour de Weimar, les années 1839-1844 voient sa consécration comme virtuose du piano. Séparé de Marie d’Agoult, il s’installe à Weimar, dirige de nombreux opéras, et compose sans relâche (poèmes symphoniques, symphonies, concertos, rhapsodies…). A partir de 1861, il donne à sa vie et à son oeuvre une tournure mystique, Il meurt à Bayreuth le 31 juillet 1886.

C'est à Strasbourg, en décembre 1823, où il donne deux concerts, que Liszt rencontre les frères Érard. Cinq jours plus tard, il s’installe avec son père au 10 rue du Mail à Paris, à côté de la fabrique de pianos. Orienté vers un piano orchestral et un instrument de salle de concert, Liszt opte immédiatement pour la facture de piano. Il se réjouit de l’invention de Sébastien et Pierre Érard dite du “double échappement” tout en exigeant toujours plus. En tant qu’artiste Érard, Liszt se produit en concert dans les salons du facteur de piano pour y faire entendre les derniers nés de la maison, une collaboration à double effet : la renommée de Liszt retentit sur les pianos Érard, et le pianiste participe à l’évolution de la construction de ces instruments. Il fallut bien des tâtonnements pour se rapprocher de cette exigence, jusqu’à ce qu’on puisse lire dans une lettre de Liszt à Pierre Erard en 1845, à propos de 

son nouveau modèle : « Admirable ! Ce piano montre l’union des qualités qui semblent s’exclure: une extrême légèreté de toucher avec un volume de son puissant. […] C’est la première fois qu’une telle chose m’arrive avec ces magnifiques instruments d’Érard. » Avec l’avènement du cadre métallique et des cordes croisées, innovations lancées par de nouvelles marques comme Steinway, Bösendorfer et Bechstein vers 1860, Liszt délaissera peu à peu les pianos d’Érard pour ces nouveaux venus durant le reste de sa vie à Weimar, Rome et Budapest.

Sébastien Érard
1752-1831
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